BSI : entretiens médicaux | Le paludisme : aigu ou chronique ?

Pour vous aider à mieux comprendre comment fonctionne un contrat d’assurance santé, nous engageons une série d’entretiens exclusifs avec des médecins qui ont bien voulu nous répondre.

Dans cette troisième interview, BSI a souhaité connaître l’avis d’un médecin sur la question du paludisme : maladie aiguë ou chronique ?

Le Dr Anne BRUNET APITHY, diplômée de la faculté de médecine de Paris (médecine générale et tropicale), installée à Cotonou (Bénin), nous donne son avis.

 

BSI : Dr Brunet Apithy, qu’est-ce que le paludisme ?

Dr Brunet Apithy : Le paludisme, aussi appelé malaria, est une maladie infectieuse due à un parasite, et propagée par la piqûre de certaines espèces de moustiques. Cette maladie est présente dans toute la zone intertropicale. Les agents du paludisme sont principalement PLASMODIUM FALCIPARUM et PLASMODIUM VIVAX.

 

BSI : Quelle différence cela fait-il, Docteur ?

Dr Brunet Apithy : PLASMODIUM FALCIPARUM  est le plus dangereux de ces parasites car, s’il n’est pas soigné, il peut être mortel. Traité à temps, il ne provoque par contre pas de rechute : il faut être piqué de nouveau pour refaire un accès palustre. Les accès simples ne comportent pas de signes de malignité, mais ils peuvent à tout moment évoluer vers l’accès grave (pernicieux ou cérébral ou viscéral évolutif). Ils apparaissent après une incubation de 5 à 15 jours, suivant la piqûre infectante, d’où l’importance du diagnostic et du traitement précoce. L’évolution est favorable en quelques jours sous traitement correct et si le malade quitte la zone d’endémie. Il ne risque plus de rechute au-delà du 2ème mois et la guérison est sans séquelle.

Au contraire, PLASMODIUM VIVAX (autre espèce de Plasmodium), provoque des accès sans gravité. Mais, du fait de la persistance des parasites dans le foie (parfois plus de 2 ans !), des accès peuvent apparaître sans nouvelle piqûre de moustique.

 

BSI : Le paludisme doit il alors être considéré comme aiguë ou chronique ?

 

Dr Brunet Apithy : de ces deux formes de paludisme, l’une peut être considérée comme aiguë et l’autre chronique. Dans tous les cas, le paludisme se soigne bien avec un traitement adéquat et administré dans les temps. Cette pathologie, si elle est correctement  détectée et soignée, est finalement bénigne et son traitement peu onéreux.

BSI : En conclusion Docteur ?

 

Dr Brunet Apithy : Tout voyageur pour un cours séjour en zone d’endémie doit utiliser un traitement préventif. Tout résident en zone d’endémie doit avoir rapidement accès à un test de paludisme ainsi qu’à un traitement sûr.

L’essentiel est de réagir vite car les problèmes apparaissent en cas de retard dans le diagnostic (« goutte épaisse ») et la prise du  traitement.

 

BSI : Merci Docteur pour toutes ces précisions !